Refaire sa vie amoureuse après un divorce : rêves et réalité

7 juillet 2010

Après un divorce, il est tout à fait normal d’avoir envie de tourner la page et de renouer avec une vie amoureuse épanouie. Mais pour que cela puisse fonctionner, il vaut mieux savoir faire la part entre les rêves, forcément illusoires, et la réalité.

Le rêve : Balayer le passé / La réalité : Du temps pour se reconstruire

Un mythe trop souvent répandu est de croire qu’il suffit de divorcer pour rejeter le passé et démarrer aussitôt sur de nouvelles bases. Pourtant, même si la séparation est claire et nette, l’épreuve de la séparation génère le plus souvent un sentiment de désarroi et de perte de confiance en soi. Tout simplement parce que les divorcés sont avant tout des êtres humains. Comme l’aurait dit Pascal, « le coeur a ses raisons que la raison ignore ».

Quelque soit votre vécu et votre histoire de couple, il va donc vous falloir du temps pour dissocier l’être que vous avez tant aimé de tout ce qu’il a pu représenter pour vous. Vous allez devoir apprendre à faire le deuil de votre relation et à reconstruire votre identité hors du couple. La situation est d’autant plus douloureuse qu’elle s’accompagne parfois d’une période de solitude. Les amis que vous aviez en commun vont parfois, même inconsciemment, vous délaisser au profit de votre ex-conjoint. D’autres préfèreront rester en retrait pour éviter de prendre parti ou pour se protéger face à un mal-être qui devient un peu trop encombrant.

Plutôt que de se laisser aller au découragement ou à la rancoeur, profitez au contraire de cette formidable opportunité pour retrouver le plaisir du partage et de l’échange autour de nouvelles activités : sport, théâtre, activité culturelle, vie associative….testez tout ce qui vous fait envie ! En privilégiant les activités de groupe, vous ferez forcément des rencontres intéressantes, qu’elles soient amicales ou amoureuses. C’est le bon moment pour vous ouvrir à de nouveaux horizons.

Réfléchissez aussi à votre part de responsabilité dans l’échec de votre couple, mais aussi à ce qui est important à vos yeux. Peut-être avez vous commis des erreurs, ou accepté des compromis sur ce qui était en réalité essentiel pour vous ? Sans se perdre dans la culpabilité, ce retour sur vous-même vous permettra de vous recentrer et d’éviter de répéter les mêmes faux pas.

Le rêve : Le plaisir de la vie de célibataire / La réalité : Une période de fragilité

A vous la vie de célibataire ! Plus de comptes à rendre, une liberté retrouvée…mais aussi, en parallèle, un sentiment d’abandon ou la crainte de la solitude. Après un divorce, vous êtes dans une étape transitoire, faite de doutes et de fragilités. Renouez avec les codes de la séduction, librement, pour retrouver votre confiance et votre assurance. Les regards différents qui se poseront sur vous, très éloignés de la subjectivité de votre ex-conjoint, vous aideront à passer ce cap difficile. Mais ne vous précipitez pas à corps et à coeur perdu dans une nouvelle relation pour fuir les affres de la vie en solo : cette quête de l’être idéal risque de vous laisser un goût amer.

Soyez patient, et aussi indulgent avec vous-même. L’incertitude, la peur du lendemain, l’envie de retrouver l’intimité d’une vie de couple font partie des ressentis inévitables après une rupture. Même vos hormones s’en mêlent, et modifient votre rythme physiologique. Votre libido risque de chuter, et vous risquez aussi d’éprouver une sorte d’intimidation à l’idée de vous dévoiler à nouveau devant quelqu’un d’autre. Passer d’une vie sexuelle avec la même  personne depuis des années à l’aventure de la redécouverte des sens est loin d’être anodin. Quoi de plus normal que de se sentir un peu « débutant » et gauche à l’idée de faire l’amour avec quelqu’un d’autre ? Mais là encore, rien ne sert de paniquer : acceptez votre fragilité et laissez vous du temps.

Rêve et réalité : Réinventer une nouvelle vie à deux

Faire la paix avec soi-même, avec sa famille…et avec ce qu’a été votre ancienne vie de couple est le meilleur des fondements pour recommencer une autre vie, plus authentique. Il ne servirait à rien de renier tout ce que vous avez pu vivre jusque là : le bonheur et l’amour s’épanouissent encore mieux dans un relation mature, débarrassée de tout ses faux-semblants.

Maintenant, vous avez appris à vous connaître, à cerner vos priorités, et vous avez compris l’importance de laisser aussi l’autre se réaliser au sein du tandem amoureux. Certains couples vont même jusqu’à faire le choix de vivre ensemble…mais dans des résidences séparées. Histoire de laisser à chacun son indépendance. D’autres font le choix d’un lieu de vie commun, mais en créant de nouvelles règles pour respecter la liberté de l’autre. En la matière, il n’y a pas de modèle : la meilleure façon de réinventer la vie à deux, c’est certainement la vôtre. A vous de dialoguer, d’aménager et de construire jour après jour votre nouveau couple.

Nathalie Anjou

Voyager à l’étranger avec ses enfants après un divorce

2 juin 2010

Cet été, vous avez décidé de profiter des vacances pour emmener votre enfant découvrir les charmes d’un pays étranger. Avant de foncer tête baissée dans l’organisation de votre projet, voici un petit récapitulatif de tout ce que vous devez savoir pour que ce moment de partage et de complicité soit une vraie réussite :

Exercer votre autorité parentale tout en respectant celle de votre ex-conjoint

Si vous êtes divorcé, deux hypothèses se présentent : soit vous continuez d’exercer en commun l’autorité parentale avec votre ex-époux(se), soit l’un de vous a été déchu de ses prérogatives (temporairement ou définitivement).

Dans la première hypothèse, vous avez tout à fait le droit d’accorder tout seul l’autorisation de sortie du territoire à votre enfant, ou de faire établir un passeport à son nom. En effet, dans la mesure ou l’exercice de l’autorité parentale est commun, la loi stipule que « chacun des parents est réputé agir avec l’accord de l’autre » (article 372-2 du Code civil). En revanche, vous devez tout de même informer l’autre parent de l’adresse où résidera l’enfant durant ce séjour à l’étranger : juridiquement, et humainement (lui aussi est un parent qui s’inquiète !), il doit être en mesure de savoir où se trouve son enfant.

Par contre, et c’est la seconde situation possible, un parent non titulaire de l’autorité parentale n’a pas le droit de faire sortir son enfant du territoire français. Une demande de passeport pour l’enfant serait d’ailleurs systématiquement rejetée.

Mais si vous êtes séparés, quelque soit le lieu de résidence de l’enfant, l’autorisation des deux parents est indispensable pour qu’un passeport puisse être délivré.

Les documents administratifs nécessaires pour votre enfant

Dans les pays de l’Union européenne, où la seule carte d’identité est nécessaire, vous n’avez pas besoin d’accomplir de formalités administratives particulières. Cependant, si vous partez avec votre bambin dans un des pays de l’Espace Economique Européen (E.E.E) ou en Suisse, vous avez tout intérêt à contacter votre CPAM pour obtenir la « carte européenne d’assurance maladie ». Grâce à ce document, vos enfants et vous-même resterez couverts par l’Assurance Maladie pendant votre séjour.

Certains pays acceptent aussi un passeport périmé : là encore, vous pourrez voyager sans avoir à accomplir de démarches préalables.

Enfin, pour toutes les autres destinations, votre enfant aura besoin du même document que vous : un passeport. Avec l’approche des vacances, les administrations sont souvent surchargées de demandes, alors pensez à vous occuper de ces formalités le plus tôt possible ! Ce serait dommage de devoir décaler ou annuler votre voyage parce que vous attendez toujours ce précieux sésame…. Vous pouvez déposer votre demande auprès de la mairie du lieu de votre domicile, en présence de votre enfant mineur. Pour que votre dossier soit accepté, vous devrez produire certaines pièces justificatives : 2 photographies d’identité, les timbres fiscaux correspondant (19 € en dessous de 14 ans, et 44 € jusqu’à 18 ans), un justificatif de domicile, la carte nationale d’identité si votre enfant en possède une, un justificatif de l’autorité parentale, votre pièce d’identité, un extrait de naissance de votre enfant comportant sa filiation, et, le cas échéant, un justificatif de nationalité française. Pour connaître les documents qui peuvent faire office de justificatifs, n’hésitez pas à téléphoner au préalable à votre mairie ou à consulter le site du Service Public (http://www.service-public.fr/ )

Votre enfant à la bi-nationalité : une situation complexe

Si vous et votre enfant avez la double nationalité, vous pouvez demander un titre de voyage à l’administration française mais aussi au consulat ou à l’ambassade de votre pays d’origine.

Cependant, si des conflits avérés ont existé avec votre ex-époux(se), vous devez comprendre que l’autre parent peut légitimement se sentir angoissé par cette situation. Il ne faut pas oublier que dans la majeure partie des enlèvements internationaux d’enfants, les parents et les enfants sont titulaires de la double nationalité.

L’autre parent a donc la possibilité d’écrire au consulat ou à l’ambassade de votre pays d’origine pour lui demander de ne pas délivrer de titre de voyage ou de visa (si votre enfant n’a que la nationalité française). A cette lettre en recommandé avec accusé de réception sera joint la copie certifiée conforme de toutes les décisions judiciaires qui concernent directement la garde de l’enfant. Il peut aussi saisir le Juge aux Affaires Familiales pour obtenir une interdiction de sortie du territoire de l’enfant sans l’accord préalable des deux parents.

Si l’autre parent estime qu’il y a urgence, il pourra aussi demander une interdiction de sortie du territoire de sept jours, en contactant la gendarmerie ou les services de police.

Et si votre ado veut partir tout seul ?

Votre adolescent de 16 ans est aux anges : comme il a eu de bons résultats scolaires, vous avez donné votre accord pour qu’il puisse partir seul à l’étranger avec la famille de son meilleur copain. S’il n’a que sa carte d’identité ou un passeport périmé, vous devez demander une attestation d’autorisation de sortie du territoire français à la Mairie de votre lieu de résidence.

Nathalie Anjou

Les droits des grands-parents

2 mai 2010

La naissance d’un enfant est une joie immense et un bouleversement dans la vie des parents…mais aussi dans celle des grands-parents. A partir de ce moment là, le lien qui se crée entre ces deux générations est unique et protégé, quelque soit  l’évolution de la situation matrimoniale des parents.

La loi est très claire à ce sujet : l’article 371-4 du Code civil prévoit que « l’enfant a le droit d’entretenir des relations personnelles avec ses ascendants. Seul l’intérêt de l’enfant peut faire obstacle à l’exercice de ce droit. Si tel est l’intérêt de l’enfant, le Juge aux Affaires Familiales fixe les modalités des relations entre l’enfant et un tiers, parent ou non ». La mention de ce droit apparaît d’ailleurs sur le livret de famille, pour que les parents en soient informés et puissent agir en conséquence.

Concrètement, cela signifie que les grands-parents ont un droit de correspondance avec tous leurs petits-enfants (légitimes, naturels ou adoptés) : qu’il s’agisse de courriels, de lettres ou d’appels téléphoniques, tous les moyens de communication sont admis. Ils jouissent aussi un droit de visite et d’hébergement : ils peuvent librement accueillir leurs petits-enfants à leur domicile et même les inviter à dormir. Par contre, s’ils habitent à l’étranger, ils ne pourront les recevoir et les héberger qu’avec l’accord des parents, qui ont toujours le droit de s’opposer à une sortie du territoire de leurs enfants.

Enfin, ils peuvent également participer à leur éducation, à condition toutefois de ne pas se substituer aux parents qui détiennent seuls l’autorité parentale. Il arrive d’ailleurs que la garde de l’enfant leur soit attribuée suite à un divorce, lorsque les parents sont déchus de l’autorité parentale ou que l’enfant ne peut pas demeurer au domicile d’un de ses parents. Dans ce cas là, la situation est inversée et ce sont alors les parents qui vont avoir un droit de visite.

C’est le rôle éducatif des grands-parents qui explique aussi leur responsabilité en matière d’obligation alimentaire envers leurs petits-enfants : en cas de revenus insuffisants des parents, les grands-parents devront apporter un aide financière proportionnée aux ressources dont ils disposent.

La générosité des grands-parents est d’ailleurs favorisée par le législateur, et ce quelque soit la situation pécuniaire des parents. En effet, depuis le 1er janvier 2007, le la donation-partage est désormais ouverte aux petits-enfants. Avec l’accord des parents, et à condition qu’un héritier direct reste bénéficiaire, les grands-parents peuvent ainsi réaliser une donation-partage “trans-générationnelle” pour transmettre leur patrimoine de leur vivant.

Cependant, au moment d’un divorce, il arrive parfois que la situation devienne beaucoup plus complexe. Dans cette période difficile, les tensions et les désaccords sont souvent exacerbés et ils peuvent dégénérer en véritables conflits. Mais, même si vous venez juste de vous séparer et que l’entente avec vos ex beaux-parents n’est pas au beau fixe, vous ne pouvez pas décréter qu’ils ne pourront plus voir vos enfants. Rappelez-vous que pour votre enfant, un divorce est déjà éprouvant : vous ne pouvez pas le priver d’une affection qui lui est sûrement précieuse.

Néanmoins, les droits des grands-parents sont aussi subordonnés à l’intérêt de l’enfant. S’ils ne sont pas capables de s’occuper de leurs petits-enfants, si votre cher bambin ne veut pas les voir, ou si les conflits qui vous opposent à eux sont de nature à le perturber, vous pouvez saisir le Juge aux Affaires Familiales rattaché au Tribunal de Grande Instance du domicile des enfants. Le juge appréciera alors souverainement la situation et il pourra interdire que les relations petits-enfants / grands-parents soient maintenues. Pour appuyer sa décision, il peut demander une enquête sociale et recueillir l’avis des enfants, s’ils sont en âge de l’exprimer. Le cas échéant, c’est aussi le juge qui va fixer les modalités d’application du droit de visite et d’hébergement.

Cependant, avant d’en arriver là, il est souvent préférable de recourir au service d’un médiateur familial, qui vous évitera, ainsi qu’à votre enfant, les traumatismes d’une longue procédure judiciaire. Ce professionnel impartial et qualifié, totalement indépendant, a pour mission de vous aider à résoudre un conflit familial. Grâce à des entretiens confidentiels, il parvient souvent à trouver dépassionner les relations et à formaliser un projet d’entente qui pourra vous sortir de l’impasse.

Si aucun accord ne semble possible, vous pouvez aussi saisir le conciliateur, nommé par le Président de la Cour d’Appel. Là encore, son intervention est amiable et n’a aucun pouvoir coercitif. Après plusieurs réunions, le conciliateur va élaborer un procès-verbal qui va synthétiser le compromis obtenu entre les deux parties en présence. Durant cette procédure, entièrement gratuite, vous n’avez pas besoin d’être assisté par un avocat.

Enfin, si le litige persiste, votre avocat peut demander au Tribunal de Grande Instance qu’un médiateur judiciaire soit désigné. Son rôle va être d’essayer de renouer le dialogue pour obtenir un accord équitable et pérenne. Il n’a pas de pouvoir contraignant, mais cette étape de la procédure est obligatoire et elle évite souvent d’avoir à se présenter devant le juge. A l’issue de la médiation, le Juge aux Affaires Familiales va homologuer l’accord ou, si le conflit persiste, statuer sur le litige.

Nathalie Anjou

L’autorité parentale

2 avril 2010

Après un divorce ou une séparation, les ex-conjoints ont une idée souvent confuse de leurs droits et de leurs devoirs relatifs à leur enfant, surtout vis-à-vis du conjoint qui quitte le domicile familial.

Pourtant, le principe posé par les articles 372 à 373-1 du Code Civil est très simple :

quelque soit le motif de la séparation, le principe qui régit l’attribution de l’autorité parentale ne change pas. Elle s’exerce donc en commun par les deux parents, qu’ils soient séparés ou non. Les ex-époux ou ex-concubins doivent alors maintenir des relations personnelles avec l’enfant, et respecter les liens de celui-ci avec l’autre parent. Au moment de la séparation, c’est le juge aux affaires familiales (JAF) qui va intervenir pour s’assurer que l’intérêt de l’enfant mineur est totalement préservé. Il va déterminer notamment les modalités d’exercice de l’autorité parentale et la contribution à l’entretien et à l’éducation de l’enfant.

Dans des cas exceptionnels, tels que les mauvais traitements ou le défaut de soins, il a aussi le pouvoir de retirer l’autorité parentale à l’un des deux parents. Mais en règle générale, il se charge surtout de fixer la résidence de l’enfant, de déterminer les modalités d’exercice du droit de visite et d’hébergement, et de décider les ressources allouées à l’entretien et à l’éducation des enfants (droit d’usage ou d’habitation du logement, pension alimentaire, prise en charge de certains frais directement liés à l’enfant).

Chacune des décisions du juge va alors avoir une importance considérable pour les familles, d’autant plus que le moment de la séparation est douloureux et chargé en émotions complexes. Pour les parents, la question des enfants est notamment très sensible et difficile à vivre. Pourtant, même s’il n’existe pas de conseils valables pour toutes les situations, la rédaction d’une convention peut être une bonne réponse pour apaiser les tensions familiales et éviter que l’enfant ne soit au centre de nombreux déchirements. Cette convention va pouvoir être rédigée à votre propre initiative, ou parfois même à la demande du juge.

Depuis 2004, elle est d’ailleurs obligatoire dans le cadre d’un divorce par consentement mutuel. Le principe de la convention est très simple : ce sont les parents qui arrêtent l’ensemble des décisions concernant l’exercice de l’autorité parentale. Cette convention n’est évidemment pas définitive et pourra faire l’objet de modifications postérieures. De même, le jugement du JAF peut évoluer si des éléments nouveaux surviennent dans la vie de la famille. Chacun des parents peut alors saisir le juge pour lui demander de réviser sa décision pour qu’elle corresponde mieux à la nouvelle situation. C’est notamment le cas lorsque l’enfant choisit finalement d’aller vivre chez son autre parent, ou lorsque le montant de la pension alimentaire doit être modifié pour prendre en compte le nouveau train de vie de l’ex-conjoint. Cette saisine du JAF peut également se faire à l’initiative du Procureur de la République, suite à la sollicitation d’un tiers, qu’il soit parent ou non. Les grands-parents pourront notamment exercer utilement cette option s’ils constatent des situations de nature à compromettre l’intérêt physique, psychologique ou matériel de l’enfant.

Bien qu’il soit parfois difficile de l’admettre, il faut savoir que le juge ne tranche pas à la légère. Pour motiver ses décisions, il a la possibilité de demander une enquête sociale ou un examen médico-psychologique, qui ne seront d’ailleurs pas utilisés dans le débat sur le divorce. Le juge peut également procéder à l’audience des mineurs, ce qui lui permettra de connaître les préférences de l’enfant. Si le mineur souhaite de lui-même à être entendu, le juge ne pourra écarter son audition que par une décision réellement motivée. Si les désaccords entre les parents persistent, le juge peut également leur proposer l’assistance d’un Médiateur familial qui les aidera à trouver une solution consensuelle. S’il arrive parfois que l’un des parents perde le bénéfice de l’autorité parentale, il n’est pas pour autant déchu de l’ensemble de ces prérogatives. Il conserve son droit de visite et d’hébergement, sauf en cas de motifs graves (par exemple, dans l’hypothèse de maltraitance). Il a également le droit et le devoir de surveiller que l’autre parent assure correctement l’entretien et l’éducation de l’enfant. De son côté, il contribue aussi à l’entretien de l’enfant, le plus souvent sous la forme d’une pension alimentaire déterminée en fonction de ses ressources. L’autre parent doit également informer des choix importants sur la vie de son enfant, notamment en ce qui concerne sa scolarité.

En cas de désaccord majeur, ou s’il estime que l’autre parent agit contre l’intérêt de l’enfant, il peut également saisir le juge. Si vous avez la moindre question, n’hésitez pas à vous renseigner auprès du tribunal de grande instance dont dépend votre domicile. Il existe aussi près de chez vous un service de consultation gratuite des avocats qui vous sera une aide précieuse. Pour connaître les coordonnées de se service, vous pouvez vous renseigner auprès de votre mairie, du tribunal d’instance ou du tribunal de grande instance.

Nathalie Anjou

Les familles recomposées : trouver les équilibres financiers

24 février 2010

Ce n’est pas toujours évident de gérer sa nouvelle vie après un divorce, surtout lorsque les ex-époux ont eu des enfants. Et si chacun refait sa vie, avec un divorcé ayant des enfants ou si l’envie d’avoir des enfants ensemble devient une réalité, il devient indispensable de s’organiser sur le plan financier : qui paye quoi ? pour qui ? comment éviter les conflits d’intérêt ? Prendre le temps de planifier les réponses à ces questions est devenu primordial pour les quelques 700 000 familles recomposées françaises.

L’organisation au quotidien :

Dès le départ, vous devez clarifier au maximum la situation financière avec votre ex-conjoint. N’oubliez pas que vous avez encore un lien avec lui : votre/vos enfant(s). Celui qui n’en a pas la garde et qui verse une pension alimentaire peut vite avoir le sentiment qu’il est lésé et que l’argent alloué n’est pas destiné en réalité à ses enfants. C’est d’ailleurs parfois pour cela qu’avec le temps, il réduit le montant du versement, voire l’arrête complètement. Pourtant, avec un peu de diplomatie et de sens pratique, ce problème pourrait le plus souvent être évité.

Commencez par prévoir la responsabilité de chacun vis-à-vis des enfants. Vous devez montrer à votre ex-conjoint qu’il participe effectivement aux dépenses directement liées à l’enfant. Lorsque la famille s’agrandit, votre ex ne doit pas non plus avoir l’impression de payer vos vacances ou d’entretenir votre nouvelle famille. C’est d’autant plus vrai lorsque les enfants entament des études supérieures, forcément plus coûteuses : votre ex n’a pas à contribuer au budget des autres enfants.

Il peut donc être judicieux de créer un compte séparé pour les enfants issus d’un premier mariage, qui vous permettra de dépenser comme vous le souhaitez en fonction de leurs besoins. Si votre nouveau conjoint procède de même pour ses propres enfants, vous éviterez ainsi les remarques sur votre façon de gérer ce qui leur revient…

Pour pacifier encore la situation, vous allez aussi devoir gérer intelligemment le fonctionnement des diverses administrations. Par exemple, la CAF ne va verser les allocations qu’à un seul des parents, quelle que soit la situation du couple (séparé ou divorcé). Lorsqu’il y a déjà conflit, cela rajoute de l’huile sur le feu, surtout dans le cas des gardes alternées… Comme à chaque fois que vous vous retrouvez dans une situation de ce type, c’est l’intérêt de l’enfant qui va vous permettre de prendre la meilleure des décisions et d’envisager un partage équitable du montant de l’allocation. Vous devez aussi savoir que les impôts acceptent le changement, selon les années, du parent qui a la charge fiscale des enfants. Quant à la CPAM, elle permet à chaque parent de rattacher son enfant à sa carte Vitale, ce qui simplifie d’autant les remboursements de consultations et de soins.

La transmission du patrimoine :

La succession et la transmission du patrimoine ne doit pas être un tabou au sein d’un couple. Pour protéger vos enfants (ceux d’un premier mariage mais aussi les enfants en commun du nouveau couple) et votre conjoint, une réflexion en amont s’impose.

Le statut juridique de votre nouvelle union va notamment avoir des incidences sur la protection de vos enfants : vivre avec un contrat de mariage, en concubinage, ou en ayant conclu un PACS ne sont pas des choix anodins.

Si vous tenez à garder des patrimoines séparés mais que vous vous apprêtez à vous remarier, il est plus intéressant d’opter pour le régime de la séparation de biens. Les enfants nés d’une précédente union seront concernés par votre patrimoine uniquement, à l’exception des acquisitions faites en commun par le nouveau couple.

En cas de concubinage, vos enfants auront le droit à l’intégralité de votre succession. Avec le PACS en revanche, les conflits risquent de se multiplier car tous les biens acquis après le PACS sont considérés comme étant en indivision….

D’ailleurs, pour protéger aussi votre conjoint, le mariage reste la meilleure solution : il pourra ainsi bénéficier du logement jusqu’à son décès, il aura ¼ de la succession mais également la réversion de vos retraites.

Quelque soit votre statut, vous pouvez aussi faire une succession sur-mesure pour une protection équitable des enfants, et prévoir des dispositions spécifiques pour votre conjoint grâce au testament, aux donations et aux assurances-vie. Par exemple, si vous vous êtes remariés, votre conjoint a le droit à ¼ de l’héritage. Mais vous pouvez prévoir, par donation au dernier vivant ou par testament, de lui laisser l’usufruit d’un bien ou de l’intégralité de votre succession : à son décès, vos enfants bénéficieront de l’entière propriété de vos biens.

En cas de doute, n’hésitez pas à demander conseil à des professionnels : en étant accompagné dans ces opérations complexes, vous aurez l’assurance de protéger efficacement ceux que vous aimez, sans léser aucun de vos héritiers réservataires.

Nathalie Anjou

Les évolutions du divorce (et des divorcés) depuis 2004

4 février 2010

La loi du 26 mai 2004, entrée en application en 2005, a introduit de nombreuses réformes  pour tous les couples désireux de se séparer. L’une d’entre elles, le divorce par consentement mutuel, a largement contribué à démocratiser le divorce.

L’augmentation importante du nombre des divorces

En France, la séparation n’est plus vécue comme une fatalité. Désormais, alors qu’un mariage sur trois se termine par un divorce, les divorcés s’affichent sans complexes. Lors du premier « Salon du divorce, de la séparation et du veuvage », en novembre 2009, les séparés ou futur séparés venaient chercher des conseils juridiques et sociaux, mais aussi préparer avec le sourire leur nouvelle vie : les stands relatifs à l’image de soi,  aux loisirs et aux rencontres ont attiré beaucoup de monde.

D’ailleurs, il ne faudrait pas croire que le divorce concerne seulement les couples les plus jeunes. S’il est vrai qu’il intervient de plus en plus tôt, en moyenne au bout de 13 ans de mariage, le divorce est aussi en progression constante chez les boomers et les seniors. Les couples, au bout de 20 ou 30 ans de vie commune, font le point sur leur vie sentimentale et amoureuse. Parfois, la tentation de refaire sa vie est grande… La décision de divorcer se prend d’autant plus facilement que les enfants ont souvent quitté le foyer familial : il n’y a donc plus de problème de garde.

L’autre étape critique est celle de la cessation d’activité. Arrivés à l’âge de la retraite, certains couples n’ont plus rien à se dire, et le quotidien devient vite insupportable. Face à face toute la journée, les époux vont alors préférer se séparer plutôt que de vivre dans un conflit permanent.

Chez les plus de 60 ans, le phénomène reste encore marginal mais indéniable : en dix ans, les séparations de personnes âgées de plus de 60 ans ont augmenté d’un tiers (28% de plus chez les femmes et 39 % de plus chez les hommes). Pourtant, loin des idées reçues, les seniors qui divorcent ne sont pas condamnés au célibat : selon l’Institut National Etudes Démographiques (INED), 75% des femmes quinquagénaires et 81% des hommes du même âge se remettent en couple.

Les divorces sont moins conflictuels

Le divorce par consentement mutuel, introduit par la nouvelle loi de 2004, a séduit les couples qui veulent se séparer le plus rapidement et le plus simplement possible. Il représente désormais plus de la majorité des divorce : 55 % des couples (contre 41 % en 1996) choisissent cette procédure simplifiée et moins coûteuse. Ainsi, 90 % des divorces par consentement mutuel sont prononcés dans les sept mois qui suivent la demande, contre moins de 35 % auparavant.

Cette procédure a un autre avantage, celui de préserver l’équilibre de la famille et surtout celui des enfants. Ils n’ont plus à regarder leurs parents s’accuser et se rejeter les torts, et ils ne sont plus au centre d’une bagarre pour le droit de garde. D’ailleurs, dans cette procédure, chacun des époux peut choisir de se faire assister d’un avocat, mais le couple peut aussi opter pour un avocat unique.

Une autre innovation de la loi de 2004 et de permettre au couple de changer de procédure pendant une instance de divorce. En cas de désaccord sur les modalités de la séparation, la procédure par « consentement mutuel » pourra ainsi évoluer vers un divorce par acceptation du principe de la rupture, par altération définitive du lien conjugal ou vers un divorce pour faute.

Les divorcés face à la crise du logement

Dans les grandes agglomérations, un couple sur deux finit par se séparer. Mais un divorce, c’est aussi un besoin supplémentaire de logement. Si l’on y rajoute l’explosion des familles monoparentales, et les couples qui vivent dans des logements séparés,  il est inévitable qu’il soit de plus en plus difficile de trouver un logement.

Avec la crise actuelle, à la fois économique et immobilière, le phénomène de pénurie s’est accentué. Il y a peu d’appartements ou de maisons vacantes, et les locations sont devenues très chères. Ce manque de logements disponibles a des conséquences sur la vie des divorcés, qui sont parfois contraints de cohabiter malgré leur volonté de se séparer.

Jean-Yves Mano, adjoint au logement du maire de Paris, est confronté tous les jours à ce problème : « A présent, une demande sur quatre de logement social émane d’une personne qui divorce »….mais le fichier d’attente de personnes qui espèrent obtenir une HLM dans la capitale compte déjà 109 000 noms. La situation est d’autant plus complexe que celui qui quitte le domicile conjugal, en général le père, demande un logement avec le même nombre de pièces de façon à pouvoir accueillir ses enfants. Ainsi, il espère que le juge aux affaires familiales lui accordera le droit d’hébergement. La demande est logique, mais difficile à satisfaire, surtout quand la recherche porte sur un logement situé à proximité de l’école des enfants. L’absence d’espace contribue alors à la dislocation des liens parent enfants après la séparation.

Nathalie Anjou

Il y a une vie après la séparation !

27 janvier 2010

Préambule :

Passé la torpeur ou la libération de la séparation ( déménagement, changements d’habitudes, nouveaux lieux de vie… ) et la période transitoire qui l’accompagne parfois ( lire : tout savoir sur la séparation ) nos séparés doivent bien continuer à vivre.
Certes certains s’enferment, sans le vouloir peut être, dans un interminable chagrin pénible pour les proches. Mais la plupart vont trouver un nouvel équilibre, vivre des moments qu’ils n’auraient jamais pensé connaitre.

Comment se passe l’après ?

La pyramide de Maslow :

Maslow ( 1916 – 1972 ) a fondé entre 1954 et 1970 la théorie de sa pyramide sur des constats.
Nous pouvons en retenir, au risque d’un grand raccourci, les éléments suivants :

Tout être humain a des besoins et ceux ci sont hiérarchisés.
Une fois que l’un d’entre eux est satisfait, il peut chercher à combler le suivant, dans un ordre précis, et croissant :

Physiologique : Se nourrir, se vêtir, se reposer, être en bonne santé…
Sécurité : Assurer sa sécurité financière, rechercher la sécurité d’emploi, s’assurer pour l’avenir, épargner…
Social : Faire partie d’un groupe, d’une communauté, d’une famille. Aimer, être aimé…
Ego : Etre reconnu dans ce groupe en tant qu’individu, être considéré ou puissant. …
Dépassement de soi : Donner un sens à sa vie, contribuer à la réalisation d’une œuvre, d’une idée. Se dépasser…

Maslow a analysé que l’on ne peut progresser que si le besoin précédent est solidement assouvi. Et que la non satisfaction de l’un de ces besoins entraîne le retour au précédent.

Etudions un peu la situation des séparés vue par le prisme de cette pyramide :


Il devient facile de comprendre que la personne qui se retrouve seule après en avoir perdu l’habitude va complètement changer son comportement.


Nous ne revenons pas sur le refus de comprendre, la résistance, la décompensation et la résignation ( tout savoir sur… ) mais au début de l’intégration.

Notre individu va avant tout se trouver un toit, des meubles, de quoi se nourrir et dormir. Sans difficulté financière, ce qui n’est pas général, ces questions matérielles peuvent être résolues “ facilement ”.

Le besoin suivant est un peu plus compliqué à combler car par sécurité, nous devons entendre contrat et pensions, répartition des biens, changements des assurances liés à ces biens, et des couvertures santé et décès ( qui prennent encore plus d’importance s’il y a des enfants ).

Ajoutons que le sentiment de sécurité est particulièrement subjectif et que certains ne le sont que par des papiers signés quand d’autres se satisfont d’un accord oral.

Un nouvel équilibre :

Voilà ! Nous nous sentons bien logés, bien nourris et en sécurité.
Nous trouvons d’autres repères, des chemins différents, une toute nouvelle organisation.

Dans le cas des couples sans enfants, il s’agit d’une nouvelle vie, plus ou moins momentanée, de célibataire.
Si le couple a mis au monde une progéniture, un partage va probablement avoir lieu :
Les enfants un week-end sur deux, plus la moitié des vacances ou la garde alternée, de plus en plus demandée et pas forcement si traumatisante qu’on a pu le lire. Le parent qui n’a pas la garde va se trouver très disponible et l’autre un peu moins. De chaque côté, en tout cas, la vie va se rythmer de nouveau : travail, enfants, loisirs…

Temps d’activités intenses et de repos vont se succéder, et occuper aussi l’esprit.

De nouveaux bonheurs :

Nos séparés retrouvent en général sous quelques mois le goût de la vie :
Les promenades et câlins avec les enfants jouent un rôle tout particulier. Ils nous attachent au passé mais sont porteurs d’avenir. Nous souhaitons leur bonheur et ils savent nous le rendre si nous ne leur mettons pas de poids sur les épaules.


Il y a aussi ce plaisir oublié de faire, lorsqu’on est seul(e), ce que l’on veut, quand on le veut et comme on le veut : la liberté totale !

Vous sortez du bureau et allez vous promener au café de Paris sans rendre de compte. Vous profitez des soirées foot ou papotage sans vous soucier de la fatigue de l’autre. Vous pouvez regarder le film que vous voulez dans votre chambre ou zapper toute la soirée. Vous n’aurez pas de reproche si vous vous épilez les jambes au milieu du salon en écoutant à fond de la musique. Vous laissez traîner chaussettes ou assiettes et vous rangez quand ça vous chante. Vous remplissez le frigo de produits dont vous rêvez depuis longtemps. Vous n’avez pas à négocier telle séance de cinéma ou tel restaurant…

Vous pouviez le faire auparavant ?

La sérénité du silence, la tranquillité de la solitude n’ont pas d’égal. Mais si elles ne durent pas trop longtemps !

Car si vous n’êtes pas parti(e) pour un(e) autre, et à moins de devenir un pilier de bar, vous allez aussi connaître quelques longues soirées sans parler, voire à pianoter sur votre clavier. Vous allez quitter un dîner chez les-amis-qui-ne-vous-ont-pas-laissé-tomber pour vous glisser dans un lit bien froid et à réchauffer tout(e) seul(e).

Vous allez apprendre, à vos dépends, que planter le bon clou ou laver-sécher le linge n’est pas si simple. Vous allez répondre aux questions des enfants et suivre leurs travaux scolaires sans le soutien du 2d parent et vous allez assurer en solitaire toutes les missions incompressibles que se partage en général le couple.

Bref : Du bonheur, et de la solitude.

C’est là que Maslow intervient de nouveau !

Notre 3ème besoin, souvenons-nous, est social.

Certes, de nombreux couples se forment en entreprise et c’est souvent à cause d’une rencontre professionnelle que le couple marié se déforme.
Mais ce mélange vie privée / vie en entreprise n’est pas recherché par tous, ni parfois même souhaitable ou simplement réalisable.
Il resterait alors à choisir entre travail + enfants + solitude ou travail + solitude ?
Il est possible, bien sûr, d’embrasser définitivement l’une de ces deux options avec la volonté farouche de ne pas en sortir.

Mais la solitude finit souvent par peser.

Ce n’est pas un hasard si les clubs, sites et lieux de rencontres sont peuplés de tant de célibataires de + de 35 ans. Nous sommes plusieurs millions en France, surtout réunis dans les grandes agglomérations. Et nous sommes en manque de relation et de chaleur humaines.

De nouveaux amis :


Comment se faire de nouveaux ami(e)s ? ( au sens large du terme )

En tout cas : pas en restant devant sa télé !

Nous vous proposons quelques pistes :

  • L’école et les autres parents dont les enfants sont des copains du vôtre.
  • Le club de sport des enfants.
  • L’église.
  • L’épicerie du coin…

Bof ! Pas facile, après les banalités sur le temps, d’embrayer par “je suis divorcé(e) et après une dure période, j’ai trouvé ça très bien. Maintenant je me sens un peu seul(e) mais je me vois mal vous inviter en couple. Vous êtes marié(e) ? ”

- De très nombreuses associations existent et leur utilité n’est plus à prouver.
Elles sont un excellent moyen de rencontrer des gens ouverts, différents, engagés ou solidaires. Elles répondent cependant plus fréquemment au besoin de dépassement de soi et ne comblent pas la solitude de fond que nous pouvons vivre.
Notre objectif n’est pas seulement d’être dans un groupe. Il faut que celui-ci ait les mêmes affinités, les mêmes attentes, les mêmes objectifs.
De plus, le célibataire de plus de 35 ans peut se sentir un peu décalé s’il n’a pas les mêmes horaires, les mêmes impératifs que les couples qu’il va rencontrer.

- Il y a aussi les amis des amis dans notre situation. Ceux que l’on a, gentiment du reste, placé à côté de vous à table en espérant que vous vous entendrez bien.

- Enfin, il reste actuellement les clubs de sport pour adultes et leurs body buildés, les centres de vacances, les boîtes de nuit et les agences matrimoniales.

Attardons-nous un instant sur le groupe dont nous sommes redevenus les plus proches : Les étudiants.
Comme pour eux, célibataire ou monoparental n’est pas un statut mais un état.
Nous sommes libres et avons le pressentiment que tout peut arriver.
Nous avons une attente imprécise de l’avenir, et nous sommes parfois extrêmement ouverts à toute expérience, à l’opposé de la position casanière que nous avions éventuellement acceptée.

Nous pouvons aussi observer plusieurs différences :
L’âge et la maturité qui l’accompagne.
L’indépendance financière, en général.
Les étudiants vivent entre eux, se reconnaissent, ont des codes et des lieux de rencontres propres. Ils s’entraident, organisent des fêtes ou des débats, travaillent sur des projets en commun…

Bref, ils sont organisés en véritable communauté, ce qui n’est pas notre cas !


Notre idée n’est pas de proposer que l’on vive entre nous, ni que l’on réclame un quelconque statut. Pas de ghetto pour les séparés, divorcés et monoparentaux !
Nous ne voulons pas non plus absolument que chacun retrouve sa moitié.

Notre opinion est qu’il suffirait d’un peu d’énergie pour que nous ayons dans chaque ville un lieu ou un groupe communautaire optimiste qui connaisse nos attentes et serve de point de repère. Une sorte de rendez-vous dans la cité comme l’est le campus pour les étudiants. Un endroit où l’on pourrait se réunir, retrouver une vie sociale. Discuter, sortir, bouger… Avant un nouveau départ ?

Peut être une chance ? :

Pourquoi le faire ?
Nos aïeux n’ont pas eu cette aide et s’en sont bien tirés.
Actuellement, 20 à 25 % des séparés ou divorcés se remarient. D’autres vivent en union libre sans avoir eu besoin qu’on les prenne par la main.

C’est vrai ! Mais les statistiques rappellent que le phénomène du divorce du couple reste assez récent et est en constante augmentation.

La possibilité de rencontrer d’autres personnes dans la même condition engendrera des coups de foudre chez certains. ( Et l’occasion de fêter ces unions ! )
Vous connaîtrez alors de nouveau le bonheur de l’Amour à deux, des petits plats chauds ou de ne pas devoir appeler le plombier à la première panne. Peut être que de nouveaux enfants viendront agrandir votre famille, qui fera l’admiration de tous.

Pour les autres, le temps passé ensemble à jouer aux cartes ou à danser est du bonheur gagné sur la solitude. Ce qui rend cette dernière plus facile à vivre et peut devenir alors éventuellement un vrai choix :
Les industriels et leurs conseils marketing ont conscience de nos besoins spécifiques ( portionable, petit conditionnement… ). Des services renaissent ( repassage, lavage de voiture… ) et nous facilitent le quotidien. Les voyagistes proposent de plus en plus de formules pour monoparentaux. La réduction du temps de travail laisse d’avantage de place aux loisirs.


Faire partie d’un groupe d’ami(e)s équilibre et répond à notre besoin social

Si nous trouvons l’âme sœur et choisissons la séparation de domicile, nous pouvons avoir le bon coté du couple quand nous avons un(e) partenaire sans retomber dans le train-train quotidien, et nous avons les plaisirs des célibataires sans l’isolement ( Lire « Le bonheur en solo » )

Des groupes communautaires existent déjà dans plusieurs villes de France.

Si ce n’est pas le cas près de chez vous, créez en un !

Pour résumer positivement :

- La séparation est une expérience difficile et impose de réorganiser sa vie.
- Les besoins physiologiques et sécuritaires se satisfont facilement avec temps et moyens.
- Recréer un tissu social s’avère plus difficile car nous sommes encore un peu perdus dans une société où le couple et la famille 2+2 sont modèles.
- Il est possible de rejoindre ou de créer des groupes communautaires facilement et partout pour s’ouvrir de nouveau aux autres en dehors du travail.

A la lueur de la lampe jaunie d’un pub irlandais, vous découvrirez peut être celui ou celle qui fera votre bonheur.
En rencontrant de nouveaux amis, vous allez vous ouvrir l’horizon, découvrir de nouveaux métiers, de nouvelles passions.
Vous allez effectuer des sorties, pratiquer des activités ou des sports que vous n’auriez jamais imaginé connaître. Vous allez peut être voyager avec ces personnes, sceller des amitiés formidables et indestructibles.

Bref, vous commencez une nouvelle vie !

Voilà ce que vous risquez si vous ne restez pas devant votre télé !

Ce texte est une oeuvre collective de :
Caroline, Stéphane, Maï et Laurent.

Tous séparés ou divorcés, ils ont vécu les différentes phases de la séparation et continuent à vivre avec la garde ou non de leurs enfants.
Et ils vont bien !

Pourquoi ce site ?

3 janvier 2010

Peut être êtes vous déjà divorcé, séparé, ou en train de vous y préparer ?

Dans ce cas, vous approchez probablement la quarantaine et vos parents la soixantaine, sinon plus. Eux font partie des générations qui ont encore peu divorcé, alors que 90 % se sont mariés. Mais l’augmentation régulière des divorces depuis les années 1970 vous a préparé à cette éventualité.

Aujourd’hui, les divorcés et séparés ne sont plus à proprement parler une minorité.

Plus nombreux que les homosexuels, ils sont moins organisés et moins visibles. L’une des raisons est que cette expérience se vit plus dans la douleur que dans la joie. Ce qui engendre plus de repliements sur soi-même que de manifestations extraverties.

La séparation, le divorce, la recomposition de la famille ne sont pas des phénomènes nouveaux. L’exemple le plus souvent présenté, dans les ouvrages qui traitent ce sujet, est celui de Napoléon et Joséphine ( elle a 6 ans de plus que lui et déjà deux enfants issus d’un premier mari décédé ). Après 14 années de mariage, ils ont divorcé en 1810.

Par ailleurs, à notre connaissance, aucune étude ne précise que les couples et leurs enfants aient été plus heureux avant le développement du divorce. La dépendance financière de la femme, l’adultère fréquent des époux, les rudes conditions de travail de l’industrialisation, l’alcool et les maladies ne faisaient pas toujours de la famille un havre de paix. Il suffit de lire quelques auteurs de cette époque pour s’en convaincre.

Cependant, de nombreux couples vivent amoureusement et en harmonie jusqu’à leur séparation naturelle, et nous pensons que la beauté de cette union vaut largement quelques efforts individuels et une bonne ouverture aux autres. Nous ne souhaitons pas faire l’apologie de la famille éclatée.

L’objectif de ce site est double :

- Proposer dans presque tous les domaines des pistes à ceux qui en cherchent, expliquer que des solutions existent et qu’il vaut mieux essayer de gérer sa séparation.

- Vous confirmer qu’il ne s’agit pas d’une maladie honteuse, que nous sommes nombreux, et que nous devrions nous organiser un peu mieux pour ne pas nous replier sur nous même. Vous pourrez donc trouver des associations, nationales ou régionales, des idées de sorties, des petites annonces, des forums, des profils de séparés ou divorcés qui recherchent de nouveau l’âme soeur…