Il y a une vie après la séparation :
Ce texte est
une oeuvre collective de :
Caroline, Stéphane, Maï et
Laurent.
Tous séparés
ou divorcés, ils ont vécu les différentes phases
de la séparation et continuent à vivre avec la garde ou
non de leurs enfants.
Et ils vont bien !
- Préambule
- La pyramide de Maslow
- Un nouvel équilibre
- De nouveaux bonheurs
- Se faire de nouveaux ami(e)s
- Une nouvelle chance ?
Préambule :
Passé
la torpeur ou la libération de la séparation ( déménagement,
changements dhabitudes, nouveaux lieux de vie
) et la période
transitoire qui laccompagne parfois ( lire : tout savoir sur
la séparation ) nos séparés doivent bien continuer
à vivre.
Certes certains senferment, sans
le vouloir peut être, dans un interminable chagrin pénible
pour les proches. Mais la plupart vont trouver un nouvel'équilibre,
vivre des moments quils nauraient jamais pensé connaître.
Comment se passe laprès ?
La pyramide de Maslow :
Maslow ( 1916
1972 ) a fondé entre 1954 et 1970 la théorie de sa
pyramide sur des constats.
Nous pouvons en retenir, au risque dun
grand raccourci, les éléments suivants :
Tout être
humain a des besoins et ceux ci sont hiérarchisés.
Une fois que lun dentre eux
est satisfait, il peut chercher à combler le suivant, dans un ordre
précis, et croissant :
Physiologique :
Se nourrir, se vêtir, se reposer, être en bonne santé
Sécurité : Assurer
sa sécurité financière, rechercher la sécurité
demploi, sassurer pour lavenir, épargner
Social : Faire partie dun
groupe, dune communauté, dune famille. Aimer, être
aimé
Ego : Etre reconnu dans ce
groupe en tant quindividu, être considéré ou
puissant.
Dépassement de soi :
Donner un sens à sa vie, contribuer à la réalisation
dune uvre, dune idée. Se dépasser
Maslow a analysé que lon ne peut progresser que si le besoin précédent est solidement assouvi. Et que la non satisfaction de l'un de ces besoins entraîne le retour au précédent.
Etudions un peu la situation des séparés vue par le prisme de cette pyramide :
Il devient facile de comprendre que la personne qui se retrouve seule après en avoir perdu lhabitude va complètement changer son comportement.

Nous ne revenons pas sur le refus de comprendre, la résistance, la décompensation et la résignation ( tout savoir sur ) mais au début de lintégration.
Notre individu va avant tout se trouver un toit, des meubles, de quoi se nourrir et dormir. Sans difficulté financière, ce qui nest pas général, ces questions matérielles peuvent être résolues facilement .
Le besoin suivant est un peu plus compliqué à combler car par sécurité, nous devons entendre contrat et pensions, répartition des biens, changements des assurances liés à ces biens, et des couvertures santé et décès ( qui prennent encore plus dimportance sil y a des enfants ).
Ajoutons que le sentiment de sécurité est particulièrement subjectif et que certains ne le sont que par des papiers signés quand dautres se satisfont dun accord oral.
Un nouvel équilibre :
Voilà !
Nous nous sentons bien logés, bien nourris et en sécurité.
Nous trouvons dautres repères,
des chemins différents, une toute nouvelle organisation.
Dans le cas
des couples sans enfants, il sagit dune nouvelle vie, plus
ou moins momentanée, de célibataire.
Si le couple a mis au monde une progéniture,
un partage va probablement avoir lieu :
Les enfants un week-end sur deux, plus
la moitié des vacances ou la garde alternée, de plus en
plus demandée et pas forcement si traumatisante quon a pu
le lire. Le parent qui na
pas la garde va se trouver très disponible et lautre un peu
moins. De chaque côté, en tout cas, la vie va se rythmer
de nouveau : travail, enfants, loisirs
Temps dactivités intenses et de repos vont se succéder, et occuper aussi lesprit.
De nouveaux bonheurs :
Nos séparés
retrouvent en général sous quelques mois le goût de
la vie :
Les promenades et câlins avec les
enfants jouent un rôle tout particulier. Ils nous attachent au passé
mais sont porteurs davenir. Nous souhaitons leur bonheur et ils
savent nous le rendre si nous ne leur mettons pas de poids sur les épaules.

Il y a aussi ce plaisir oublié de faire, lorsquon est seul(e), ce que lon veut, quand on le veut et comme on le veut : la liberté totale !
Vous sortez du bureau et allez vous promener au café de Paris sans rendre de compte. Vous profitez des soirées foot ou papotage sans vous soucier de la fatigue de lautre. Vous pouvez regarder le film que vous voulez dans votre chambre ou zapper toute la soirée. Vous naurez pas de reproche si vous vous épilez les jambes au milieu du salon en écoutant à fond de la musique. Vous laissez traîner chaussettes ou assiettes et vous rangez quand ça vous chante. Vous remplissez le frigo de produits dont vous rêvez depuis longtemps. Vous navez pas à négocier telle séance de cinéma ou tel restaurant
Vous pouviez le faire auparavant ?
La sérénité du silence, la tranquillité de la solitude nont pas dégal. Mais si elles ne durent pas trop longtemps !
Car si vous nêtes pas parti(e) pour un(e) autre, et à moins de devenir un pilier de bar, vous allez aussi connaître quelques longues soirées sans parler, voire à pianoter sur votre clavier. Vous allez quitter un dîner chez les-amis-qui-ne-vous-ont-pas-laissé-tomber pour vous glisser dans un lit bien froid et à réchauffer tout(e) seul(e).
Vous allez apprendre, à vos dépends, que planter le bon clou ou laver-sécher le linge nest pas si simple. Vous allez répondre aux questions des enfants et suivre leurs travaux scolaires sans le soutien du 2d parent et vous allez assurer en solitaire toutes les missions incompressibles que se partage en général le couple.
Bref : Du bonheur, et de la solitude.
Cest là que Maslow intervient de nouveau !
Notre 3ème besoin, souvenons-nous, est social.
Certes, de
nombreux couples se forment en entreprise et cest souvent à
cause dune rencontre professionnelle que le couple marié
se déforme.
Mais ce mélange vie privée
/ vie en entreprise nest pas recherché par tous, ni parfois
même souhaitable ou simplement réalisable.
Il resterait alors à choisir entre
travail + enfants + solitude ou travail + solitude ?
Il est possible, bien sûr, dembrasser
définitivement lune de ces deux options avec la volonté
farouche de ne pas en sortir.
Mais la solitude finit souvent par peser.
Ce nest pas un hasard si les clubs, sites et lieux de rencontres sont peuplés de tant de célibataires de + de 35 ans. Nous sommes plusieurs millions en France, surtout réunis dans les grandes agglomérations. Et nous sommes en manque de relation et de chaleur humaines.
De nouveaux amis :

Comment se faire de nouveaux ami(e)s ? ( au sens large du terme )
En tout cas : pas en restant devant sa télé !
Nous vous proposons quelques pistes :
- Lécole et les autres
parents dont les enfants sont des copains du vôtre.
- Le club de sport des enfants.
- Léglise.
- Lépicerie du coin
Bof ! Pas facile, après les banalités sur le temps, dembrayer par je suis divorcé(e) et après une dure période, jai trouvé ça très bien. Maintenant je me sens un peu seul(e) mais je me vois mal vous inviter en couple. Vous êtes marié(e) ?
- De très
nombreuses associations existent et leur utilité nest plus
à prouver.
Elles sont un excellent moyen de rencontrer
des gens ouverts, différents, engagés ou solidaires. Elles
répondent cependant plus fréquemment au besoin de dépassement
de soi et ne comblent pas la solitude de fond que nous pouvons vivre.
Notre objectif nest pas seulement
dêtre dans un groupe. Il faut que celui-ci ait les mêmes
affinités, les mêmes attentes, les mêmes objectifs.
De plus, le célibataire de plus
de 35 ans peut se sentir un peu décalé sil na
pas les mêmes horaires, les mêmes impératifs que les
couples quil va rencontrer.
- Il y a aussi les amis des amis dans notre situation. Ceux que lon a, gentiment du reste, placé à côté de vous à table en espérant que vous vous entendrez bien.
- Enfin, il reste actuellement les clubs de sport pour adultes et leurs body buildés, les centres de vacances, les boîtes de nuit et les agences matrimoniales.
Attardons-nous
un instant sur le groupe dont nous sommes redevenus les plus proches :
Les étudiants.
Comme pour eux, célibataire ou monoparental
nest pas un statut mais un état.
Nous sommes libres et avons le pressentiment
que tout peut arriver.
Nous avons une attente imprécise
de lavenir, et nous sommes parfois extrêmement ouverts à
toute expérience, à lopposé de la position
casanière que nous avions éventuellement acceptée.
Nous pouvons
aussi observer plusieurs différences :
Lâge et la maturité
qui laccompagne.
Lindépendance financière,
en général.
Les étudiants vivent entre eux,
se reconnaissent, ont des codes et des lieux de rencontres propres. Ils
sentraident, organisent des fêtes ou des débats, travaillent
sur des projets en commun
Bref, ils sont organisés en véritable communauté, ce qui nest pas notre cas !

Notre idée
nest pas de proposer que lon vive entre nous, ni que lon
réclame un quelconque statut. Pas de ghetto pour les séparés,
divorcés et monoparentaux !
Nous ne voulons pas non plus absolument
que chacun retrouve sa moitié.
Notre opinion est quil suffirait dun peu dénergie pour que nous ayons dans chaque ville un lieu ou un groupe communautaire optimiste qui connaisse nos attentes et serve de point de repère. Une sorte de rendez-vous dans la cité comme lest le campus pour les étudiants. Un endroit où lon pourrait se réunir, retrouver une vie sociale. Discuter, sortir, bouger Avant un nouveau départ ?
Peut être une chance ? :
Pourquoi le
faire ?
Nos aïeux nont pas eu cette
aide et sen sont bien tirés.
Actuellement, 20 à 25 % des séparés
ou divorcés se remarient. Dautres vivent en union libre sans
avoir eu besoin quon les prenne par la main.
Cest vrai ! Mais les statistiques rappellent que le phénomène du divorce du couple reste assez récent et est en constante augmentation.
La possibilité
de rencontrer dautres personnes dans la même condition engendrera
des coups de foudre chez certains. ( Et loccasion de fêter
ces unions ! )
Vous connaîtrez alors de nouveau
le bonheur de lAmour à deux, des petits plats chauds ou de
ne pas devoir appeler le plombier à la première panne. Peut
être que de nouveaux enfants viendront agrandir votre famille, qui
fera ladmiration de tous.
Pour les autres,
le temps passé ensemble à jouer aux cartes ou à danser
est du bonheur gagné sur la solitude. Ce qui rend cette dernière
plus facile à vivre et peut devenir alors éventuellement
un vrai choix :
Les industriels et leurs conseils marketing ont conscience de nos besoins
spécifiques ( portionable, petit conditionnement
). Des services
renaissent ( repassage, lavage de voiture
) et nous facilitent le
quotidien. Les voyagistes proposent de plus en plus de formules pour monoparentaux.
La réduction du temps de travail laisse davantage de place
aux loisirs.

Faire partie dun groupe dami(e)s équilibre et répond à notre besoin social
Si nous trouvons lâme sur et choisissons la séparation de domicile, nous pouvons avoir le bon coté du couple quand nous avons un(e) partenaire sans retomber dans le train-train quotidien, et nous avons les plaisirs des célibataires sans lisolement ( Lire "Le bonheur en solo" )
Des groupes communautaires existent déjà dans plusieurs villes de France ( Clubs/asso ).
Si ce nest pas le cas près de chez vous, créez en un !
Pour résumer positivement :
- La séparation
est une expérience difficile et impose de réorganiser sa
vie.
- Les besoins physiologiques et sécuritaires
se satisfont facilement avec temps et moyens.
- Recréer un tissu social s'avère
plus difficile car nous sommes encore un peu perdus dans une société
où le couple et la famille 2+2 sont modèles.
- Il est possible de rejoindre ou de créer
des groupes communautaires facilement et partout pour souvrir de
nouveau aux autres en dehors du travail.
A la lueur
de la lampe jaunie d'un pub irlandais, vous découvrirez peut être
celui ou celle qui fera votre bonheur.
En rencontrant de nouveaux amis, vous allez
vous ouvrir l'horizon, découvrir de nouveaux métiers, de
nouvelles passions.
Vous allez effectuer des sorties, pratiquer
des activités ou des sports que vous n'auriez jamais imaginé
connaître. Vous allez peut être voyager avec ces personnes,
sceller des amitiés formidables et indestructibles.
Bref, vous commencez une nouvelle vie !
Voilà ce que vous risquez si vous ne restez pas devant votre télé !

